Article mis à jour le 10 juin 2026
La pollution numérique : on en parle de plus en plus, mais on sait rarement quoi faire concrètement pour la réduire. Envoyer un email, regarder une vidéo en streaming, stocker ses photos dans le cloud… Ces gestes du quotidien semblent anodins et pourtant, ils ont un impact réel sur l'environnement.
Bonne nouvelle : il existe des solutions simples et accessibles à tou·tes pour limiter son empreinte carbone numérique. Dans cet article, je vous propose 10 gestes concrets, classés par thème, pour agir dès aujourd'hui.
SOMMAIRE :
L'empreinte carbone numérique : kezako ?
Les chiffres de la pollution numérique
10 solutions pour réduire la pollution numérique
Bonus : les solutions pour les entrepreneur·ses
Une empreinte carbone, c'est la quantité de CO2 qu'on rejette dans l'atmosphère à cause de nos activités. C'est l'un des moyens les plus parlants de mesurer notre impact écologique sur le monde. Par exemple, si vous vous déplacez avec les transports en commun ou à pieds et que vous mangez moins de viande, votre empreinte carbone sera plus faible que celle de quelqu'un·e qui prend l'avion plusieurs fois par an et mange de la viande à tous les repas.
L'empreinte carbone numérique, c'est donc la quantité de CO2 que l'on produit à cause de nos activités digitales. Et la bonne nouvelle, c'est qu'il existe des solutions concrètes pour la réduire (c'est précisément l'objet de cet article).
L'un des principaux problèmes de la pollution numérique, c'est qu'elle nous paraît très abstraite. Dans le numérique, tout est dématérialisé, rien n'est vraiment "palpable". Et pourtant…
Prenons l'exemple du "cloud". Cet endroit qui stocke nos données quand on n'a plus de mémoire sur notre téléphone par exemple. Ce n'est pas du tout un nuage qui se balade on ne sait où. Non, ce sont d'énormes data centers (des bâtiments remplis "d'ordinateurs") qui stockent tout ça. Ces machines chauffent énormément et nécessitent une quantité colossale d'électricité pour fonctionner et être refroidies. Le cloud a donc un impact réel et très concret sur l'environnement. Il génère une partie significative de la pollution numérique.
Selon les données de GreenIT et du Shift Project, le numérique représente aujourd'hui près de 4 % des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde (un peu moins en France : environ 2 %). Il est également à l'origine de 4 % de la consommation mondiale d'énergie primaire.
Pour donner une idée de l'ampleur du problème : si le numérique était un pays, il serait le 3e plus gros pollueur au monde. C'est déjà très significatif. Mais le plus inquiétant, c'est que ces chiffres augmentent très rapidement. Les usages du numérique explosent d'année en année, et la crise sanitaire de 2020 n'a rien arrangé.
Il me paraît donc important de prendre nos responsabilités, chacun·e à notre échelle, et d'essayer de limiter au maximum notre impact.
Nous avons tou·tes sur notre ordinateur des logiciels qu’on a téléchargés un jour pour essayer et qui, finalement, ne convenaient pas. Et bien sûr, on n'a jamais pris le temps de les supprimer. Et bien toutes ces logiciels inutiles qui s'accumulent réduisent la performance de notre ordinateur, mais aussi son espérance de vie ! Alors pour réduire votre empreinte numérique, maximiser l’espérance de vie de votre ordinateur et supprimer les logiciels inutiles.
Au-delà des logiciels inutiles, il y a, j'en suis sûre, sur votre ordinateur des centaines de fichiers qui ne servent à rien. Il est temps de faire du tri pour les mêmes raisons que citées plus haut.
Alors la tâche peut vous paraître insurmontable mais il suffit de le faire petit à petit, un peu chaque jour ou chaque semaine et vous verrez que vous en arriverez à bout. Par exemple, vous pouvez-vous dire que vous triez un dossier par jour.
Ensuite il faudra prendre de bonnes habitudes et le faire par exemple à chaque fin de mois.
Quand on fait du tri, il y a un petit geste à ne pas oublier : vider sa corbeille.
Effectivement, quand on supprime quelque chose de notre ordinateur ou de notre boîte mail ou de tout autre appareil numérique, bien souvent ça ne se supprime pas vraiment, ça va dans la corbeille.
Et du coup l’impact est complètement diminué puisque les fichiers sont toujours stockés, ils sont juste déplacés et pas supprimés. Donc n’oubliez pas d’aller dans votre corbeille et de la vider régulièrement.
Les emails sont souvent cités par l'ADEME comme l'un des postes d'empreinte numérique les plus sous-estimés par les particuliers. Voici comment agir.
On l’entend souvent : envoyer des mails ça pollue.
Mais pourtant envoyer des mails c’est quand même bien souvent utile. Alors quand vous envoyez des mails essayer de les rationaliser. Vous pouvez par exemple :
Alors oui, quand on décide de réduire son empreinte carbone; dans tous les domaines, ça passe bien souvent par faire du tri. Donc de la même façon qu’on a trié nos logiciels, nos documents et tout ce qui pouvait se trouver sur notre ordinateur, il va s’agir de faire la même chose avec ses mails.
On garde souvent des mails au cas où. Au cas où on me réclame une facture, au cas où j’ai un problème avec ceci ou cela... Mais prenez l’habitude de passer régulièrement dans vos dossiers d'archivage et de supprimer ce qui peut l'être.
Par exemple : votre facture Zara d’il y a trois ans. A priori vous n'allez pas renvoyer votre commande.
Toujours dans l’optique de rationaliser et alléger ses mails, vous pouvez retravailler votre signature.
Par exemple, si vous avez des images, demandez-vous si c’est vraiment indispensable. Si oui, préférez la basse définition qui consommera moins de data pour être envoyée. Sachant que notre signature pars avec chacun de nos mails ou presque, c’est un petit geste important.
Vous pouvez aussi aller dans les paramètres de votre boîte mail et faire en sorte que votre signature ne s’affiche pas quand vous répondez un mail. En effet la personne avec qui vous correspondait n’a pas besoin d’avoir trois ou quatre fois votre signature, si elle l’a une fois c’est suffisant.
C’est un petit geste simple qui peut pourtant faire une grande différence.
Quand votre ordinateur se met en veille, c’est logique, il consomme moins d’énergie. Et donc même s’il est sur batterie c’est utile ! Parce que du coup, la batterie se videra moins vite et vous devrez moins vite le recharger.
Alors oui, je sais, c’est embêtant de devoir toujours retaper son mot de passe dès qu’on s’absente pour faire pipi. Mais la planète vous remerciera. C’est un petit effort qu’on peut tou·tes faire et qui est bien peu de choses en retour de tout ce que la planète peut nous offrir !
Alors c’est un grand classique et je dois avouer que moi-même je tombe encore dans le piège.
Souvent, pour aller sur ses sites favoris, on écrit le nom dans la barre d’adresse notre navigateur et on se retrouve sur Google. Ça crée une pollution numérique absolument inutile et pour éviter cela et que ce soit pratique, il suffit de mettre ses sites préférés en favoris. Vous les aurez du coup directement quand vous ouvrez votre navigateur. Pratique et moins polluant !
De même, parfois, quand on aime un site et qu’on veut être sur·e de le retrouver plus tard, on laisse l'onglet ouvert pendant des heures voir des jours. Et bien là aussi, prenez l’habitude plutôt de les mettre en favoris. Ça consommera moins d’énergie et ça polluera moins que de laisser l'onglet ouvert.
Un autre moyen de baisser sa consommation d’énergie et d’optimiser la durée de vie de votre batterie et de votre ordinateur, c’est de baisser la luminosité de votre écran.
En plus, avoir la luminosité au maximum, ce n’est pas bon pour vos yeux. Trouvez donc la luminosité qui correspond à votre environnement de travail. Il y a même certains appareils qui peuvent le faire de façon automatique !
Ces dernières années, l'IA s'est imposé dans nos vies et nos métiers jusqu'à nous faire croire qu'on ne pouvait plus s'en passer.
Sauf que l'IA, c'est à peu près ce qu'il pouvait arriver de pire pour la pollution numérique. Les impacts sont démultipliés à tous les niveaux : consommation d'eau et d'électricité , pollution, épuisement des ressources, impact sur la biodiversité, ... Selon une étude de l'Université du Massachusetts, entraîner un seul grand modèle d'IA peut émettre autant de CO2 que cinq voitures sur toute leur durée de vie.
Il est donc plus qu'urgent de raisonner nos usages. Si vous avez besoin d'IA, optez pour des solutions plus éthiques et moins énergivores, comme par exemple Euria.
Quand on est à son compte, on a souvent moins de ressources qu'une grande entreprise pour agir sur sa pollution numérique. Mais on a aussi quelque chose de précieux : la liberté de faire les choses différemment, dès le départ.
En plus des 10 gestes vus plus haut, voici quelques actions concrètes à votre échelle :
Être entrepreneure engagée, c'est aussi penser à l'impact de ses outils numériques. Et la bonne nouvelle, c'est que sobriété numérique et professionnalisme vont souvent de pair.
Réduire la pollution numérique, c'est d'abord une question de prise de conscience. Une fois qu'on a compris que nos activités digitales ont un impact réel et concret, les gestes viennent naturellement.
Ces 10 solutions contre la pollution numérique ne sont qu'un point de départ. Chaque petit geste compte, et collectivement, ils peuvent faire une vraie différence.